Les États-Unis. Cela devait être un tirage en notre faveur.
Malheureusement, la France a dû faire face à plus fort qu'elle. Les
Français avaient choisi la terre battue pour faciliter Gaël
Monfils, mais celui-ci étant absent, le principal atout n'en était
plus tellement un. Même avec le forfait de Mardy Fish, les joueurs
de Guy Forget se sont retrouvés face au numéro 11 mondial, John
Isner, et à la paire redoutable numéro 1 mondiale, Bob et Mike
Bryan. Malgré des efforts considérables de la part de tous, les USA
ont été trop forts. Retour sur un week-end tout de même riche en
émotion.
| Les Français et les Américains en Coupe Davis |
Vendredi,
Jo-Wilfried Tsonga ouvrait le bal. Opposé au remplacent de Mardy
Fish, Ryan Harrison, le Français a réussi assez facilement à
s'imposer sur le score de 7-5, 6-2, 2-6, 6-2 dans un match à faible
intensité. De part et d'autre, l'adaptation à la surface a pris du
temps, et on a assisté à de nombreuses fautes directes. Il apporte
le premier point à la France dans cette Coupe Davis.
C'était
ensuite au tour de Gilles Simon d'affronter le géant américain John
Isner. Souvent critiqué pour n'avoir qu'un puissant service, le
jeune homme a démontré le contraire dans un match à sens unique,
où les coups droits gagnants fusaient les uns à la suite des
autres. Gilles Simon, débordé dès le début du match, n'a pas
ensuite réussi à se relever et s'incline en 3 sets 6-3 6-2 7-5. Au
soir de cette première journée, la France et les États-Unis se
retrouvent donc à un point partout, et le double du lendemain
s'annonce décisif.
Samedi,
c'est dans une ambiance de folie que les frères Bob et Mike Bryan,
accompagnés de leur équipe au complet et de leur capitaine Jim
Courrier, entrent sur le court, suivis de près par Mickaël Llodra
et Julien Benneteau. Dès le début du match, les jumeaux semblent
déjà bien supérieur à nos français, et ne commettront aucune
erreur jusqu'à la fin. Nos bleus, quant à eux, n'auront jamais joué
ensemble puisque Benneteau et ensuite Llodra subiront des baisses de
régimes. Le score est sans appel : 6-4 6-4 7-6, et cela permet
aux Américains de prendre l'avantage dans ce quart de finale.
Dimanche,
l'enjeu est grand : les Français doivent absolument gagner
leurs deux matchs en simple pour se qualifier pour les demi-finale de
cette Coupe Davis. Comme le scande les supporters, c'est Jo-Wil qui
dispute le premier match de la journée. Durant le premier set, on
remarque à nouveau que l'américain possède un coup droit assez
impressionnant, et que celui-ci fait beaucoup de mal au chouchou
français. Le premier set se conclu sur le score de 6-3 pour Isner
sans qu'il soit une seule fois inquiété sur son service. Le
deuxième set est un peu plus serré entre les deux hommes, mais
c'est encore une fois le géant de 2m06 qui parvient à le remporter
au tie-break. Mais Jo se reprend dans la troisième manche et c'est
au bout de 2h45 qu'il parvient enfin à prendre le service de son
adversaire. Mais malgré ce bel exploit, le Français explose dans le
quatrième set et ne résiste pas à la puissance américaine. John
Isner finit par s'imposer 6-3 7-6 5-7 6-3 et permet à son équipe de
se qualifier pour les demi-finale. Tsonga, lui, est attristé et
passe une dizaine de minutes sur sa chaise, en plein désarroi, alors
que ses coéquipiers tentent de le réconforter. Le public est lui
aussi sous le choc, mais l'équipe américaine est euphorique.
| Tsonga réconforté par Mickaël Llodra et son capitaine |
A la fin
de cette rencontre, le public entame alors un « Merci Guy »
en hommage au capitaine de l'équipe de France, qui jouait là sa
dernière Coupe Davis après 14 années de patience, de joies et de
tristesses. Guy Forget prend le micro, et c'est avec une voix
tremblante et des larmes plein les yeux que celui-ci s'adresse à ses
joueurs, à son staf et au public. A côté, les joueurs, unis, ne
peuvent s'empêcher de pleurer sous l'émotion. Jo-Wilfried Tsonga,
la tête sous une serviette, semble inconsolable.
Le
dernier match opposant Gilles Simon à Ryan Harrison n'est même pas
retransmit, les joueurs ne sont pas tous présents et un tiers du
public est absent. Mais malgré cet anonymat médiatique, le français
sauve l'honneur en s'imposant 6-2 6-3, et même si le résultat ne
peut être changé, la France peut quitter la compétition la tête
haute.
Marion Pauzier
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